A l’occasion des Classic Days qui se sont déroulés les 28 & 29 avril derniers, AMV Légende a présenté une exposition sur la marque René Bonnet.
La naissance il y a tout juste 50 ans de l’éphémère firme René Bonnet est le chapitre choisi cette année pour Histoire et Patrimoine. Créée par René Bonnet après sa séparation d’avec Charles Deutsch fin 61, elle sera absorbée par Matra qui va se servir de l’existant pour se lancer dans l’automobile en 65.
Ainsi René Bonnet est le trait d’union entre deux marques françaises, D.B. et Matra, qui ont marqué l’histoire du sport automobile.
Entre début 62 et fin 64, 575 voitures ont été produites par la firme de Romorantin : 15 tubulaires, 198 Djet de série, 57 cabriolets Le Mans, 299 cabriolets Missile, 2 barquettes aluminium et 4 monoplaces.
D.B. MONOPLACE FORMULE JUNIOR 1961 (châssis 0001)
Bicylindres Panhards ; 950cc ; 1 exemplaire
En 1961, D.B. spécialiste du moteur Panhard bicylindre
monté à l’avant produit deux dernières voitures destinées à la course. Une monoplace pour la formule junior et une biplace destinée aux 24 heures du Mans. Leur particularité dans toute la production D.B. est d’être conçues avec un moteur avant. La monoplace due à l’ingénieur Jacques Hubert ne participera qu’à la course de Rouen en juin. La fin proche de la firme D.B. ne lui laissera pas d’occasion de sorties ultérieures ni de développement.
Gérard Laureau pilote emblématique de D.B. qui la conduisait à Rouen sera logiquement un des pilotes retenus pour conduire les René Bonnet et notamment les monoplaces apparues à Pau en 64 et elles aussi dessinées par Jacques Hubert.
Son pilote : Gérard Laureau
RENE BONNET F 2 1964 (châssis n° »1″)
4 cylindres en ligne Renault Gordini T5x998cc, 105cv, 4 voitures produites en 1964 dont 3 agrées en F2
La disparition de la firme française D.B. devint effective en 1962, à la séparation de Charles Deutsch et René Bonnet, ses deux fondateurs. Deutsch resta en contact avec Panhard et fut à l’origine des CD. René Bonnet se tourna vers Renault et fonda une
nouvelle firme portant sur son identité. Le retour des F2 et F3 au début de l’année 1964 l’amena à s’engager dans les deux formules avec d’originales monoplaces. Hélas le moteur Gordini ne développait pas assez de puissance et la mise au point du châssis ne put jamais vraiment se faire dans de bonnes conditions financières et techniques. L’installation de l’usine de production des Djet à Romorantin s’était faite en partie avec des capitaux trouvés auprès des dirigeants de Matra engins qui reprirent l’éphémère firme à leur compte après trois ans d’activité pour lancer Matra Sport dès 1965. La voiture présentée est celle qui a disputé le GP de Pau en 1964, 1ère épreuve du renouveau de la F2, et la seule René Bonnet monoplace localisée à ce jour.
Ses pilotes : Beltoise, Monneret, Charriere
MATRA MS5 F3 1966 (châssis n°08)
4 cylindres en ligne Cosworth MAE 997cc, 120cv et 400kg, 15 voitures produites en 1966/1967
Matra arrive en course au début 1965 avec des objectifs affichés très ambitieux, visant clairement une accession rapide à la Formule 1. Les coques acier de la première année sont remplacées en 1966 par une série de 15 coques en alu baptisées MS5 et destinées à la F2 ou à la F3 suivant la motorisation adoptée et les accessoires montés
correspondants. Pour 1966 et ses débuts, le châssis 08 de la collection du 225 janvier a été attribué à l’équipe officielle de F3 et plus précisément à « Johnny » Servoz-Gavin. A part à Monaco, où la voiture fut confiée à Jean-Pierre Beltoise qui l’emporta, elle resta exclusivement la monte du fantastique jeune pilote savoyard. Ses performances lui valurent en fin de saison d’être sacré champion de France et promu dans l’équipe F2 pour 1967. Pescarolo, qui le remplaça alors derrière le volant de la 08, remporta à la fois la victoire à Monaco et au championnat de France avec pour lui aussi la promotion au niveau supérieur à la clé. La 08 promise à l’ombre et à la poussière depuis le retrait de la F3 décidé par les dirigeants de Matra fut pourtant rapidement ressortie l’année suivante et donnée à Jean-Pierre Jabouille afin qu’il défende ses chances au championnat. Il échoua de peu à la 2ème place avant de céder la voiture à Hervé Bayard.
Ses pilotes : Servoz-Gavin, Beltoise, Pescarolo, Jabouille, Bayard, Danse
MATRA MS7 F2 1968 (châssis n°04)
4 cylindres en ligne Cosworth FVA 1594cc, 235cv et 440 kg, 7 voitures produites entre 1967 et 1969
La formule 2 après une période d’absence revint à l’ordre du jour en 1964. Le championnat d’Europe de la catégorie créé en 1966 a été pour trois années la chasse gardée des pilotes Matra : Ickx l’emportait en 1967 au volant d’une MS5 engagée par Ken Tyrrell, Beltoise, pour la 1ère année de la limite de cylindrée passée à 1600cc, lui
succédait en 68 au volant d’une MS7 officielle et enfin Servoz-Gavin clôturait la palmarès en offrant à Tyrrell et Matra un dernier titre européen en F2 en 69. La MS7-04, propriété de la collection du 225 Janvier, a été construite en 68 et livrée directement au Team Tyrrell. Jackie Stewart l’a utilisée cette année là lors de ses victoires à Barcelone et à Pau ; puis, Servoz-Gavin en a été le seul pilote en 69, année de sa victoire au championnat d’Europe de F2.
Ses pilotes : Servoz-Gavin, Beltoise, Pescarolo, Jabouille, Bayard, Danse
MATRA MS120B/C (châssis n°04)
12 cylindres Matra, 7 exemplaires produits (3 en 1970, 3 en 1971 et 1 en 1972)
En 1968, deux équipes représentaient Matra en F1; Matra Sport avec le MS11 à moteur V12 Matra et Tyrrell Racing Organisation avec les MS10 à moteur Ford. L’équipe anglaise rata de peu le championnat et resta seule en 69 pour représenter la marque au meilleur niveau. La concentration des énergies permit cette fois à Stewart de remporter le titre suprême sur la MS80. Pour 1970, la décision était de tenter de rééditer la même performance mais avec une monoplace mue par le V12 maison. La MS120 conçue à cet effet fut utilisée sous diverses versions 3 ans durant soit jusqu’au retrait définitif de la firme en F1. Celle présentée ici est la MS120B construite en 71 à l’usage de Chris Amon qui à son volant termina 5ème en Afrique du Sud, 4ème au Questor GP et 3ème du GP d’Espagne pour ses trois premières courses. Modifiée en MS120C en 72 elle lui permit encore de terminer 4ème du GP d’Angleterre.
Son pilote : Chris Amon
LIGIER JS9 F1 1978 (châssis n°02)
ex JS5 en 1976 et ex JS7 en 1977 : V12 Matra MS76 3000cc 500cv, 580kg, 3 coques produites entre 76 et 78 dont 2 terminent leur évolution en JS9
La voiture de la collection, exclusivement pilotée durant sa carrière en GP par Jacques Laffite, à en fait, connu trois vies en trois saisons successives d’activité et 21 départs en GP du championnat du monde de F1. Elle a débuté en 1976 sous sa 1ère forme désignée JS5 terminant 2ème en Autriche et 2ème à Monza. L’année d’après, transformée en JS7, elle l’emporte en Suède (1ère victoire
de Ligier et du V12 Matra en championnat du monde de F1) et termine 2ème en Hollande. Enfin en 1978, elle change une dernière fois d’apparence pour devenir JS8 telle qu’elle est encore aujourd’hui. Même si sa coque large d’ancienne génération ne permet pas de tirer tout le profit de cette nouvelle évolution de l’aérodynamique, elle termine quand même 2ème en Espagne et 3ème en Allemagne.
Ces résultats d’ensemble en font à la fois la meilleure Ligier JS5, la meilleure Ligier JS7 et la meilleure Ligier JS9 !
Son unique pilote : Jacques Laffite
LIGIER JS17 F1 1981 (châssis n°02)
Moteur Matra MS81 V12 2993cc, 510cv, 595kg, 5 voitures produites en 1981
La Ligier JS17 est celle du retour au moteur Matra après les années 79-80 et les fameuses JS11 et JS11/15 équipées de moteur Cosworth. DFV. Très réussie, elle permit à Jacques Laffite de remporter les GP d’Autriche et du Canada et d’être encore en lisse pour le titre de champion du monde des pilotes de F1 à l’orée du GP de Las
Vegas, dernière épreuve du calendrier en 1981. L’échec de la JS19 sa remplaçante pour 1982 l’amena à disputer encore une partie des courses de la saison 1982. Le châssis 02 de la collection de 225 janvier pris 56 départs avec Laffite en 1981 avant de devenir après Monaco le mulet attitré de l’équipe ; rôle qui lui sera encore dévolu en 82 jusqu’à l’arrivée des JS19. Des six départs pris, trois se terminèrent par des abandons, les trois autres dans les points avec notamment la 2ème place en Belgique et la 3ème à Monaco 15 jours après.
Son pilote : Jacques Laffite
CM/JM/JCPRO pour MotorCollectors